Silviana Birsan : "Un laboratoire ne s'arrête plus au résultat"
Revue de presse : cet article résume un entretien accordé par Silviana Birsan à Monde Économique (N°59).
Un dirigeant tient bon depuis des mois. Ses bilans classiques reviennent normaux. Pourtant, il dort mal, récupère peu, s’irrite pour rien. Personne ne sait nommer ce qu’il traverse. C’est exactement ce point que Silviana Birsan, CEO du Laboratoire MGD, met en avant dans un entretien accordé à Monde Économique.
Son constat : la biologie médicale a longtemps servi à confirmer une maladie déjà là. Elle doit désormais aider à la devancer. Le laboratoire se pense comme un maillon actif d’un écosystème de santé, aux côtés des médecins, des thérapeutes, des assurances et des institutions, autour d’un objectif partagé : améliorer la qualité de vie sur la durée.
Un acteur indépendant depuis 1974
Le Laboratoire MGD est né à Genève en 1974. Aujourd’hui encore, il compte parmi les derniers laboratoires indépendants de Suisse romande, dans un secteur où les grands groupes rachètent, standardisent et centralisent.
Cette indépendance n’est pas un simple argument de communication. Elle conditionne la manière de travailler : agilité dans les décisions, proximité avec le terrain, liberté scientifique. Certifié Swissmedic, le Laboratoire MGD réalise plus de 90 % de ses analyses sur son site genevois. Cette maîtrise complète de la chaîne analytique garantit des délais courts et des résultats fiables. Elle s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire et un réseau de partenaires thérapeutiques, constamment élargi.
D’une médecine qui répare à une médecine qui anticipe
Pour Silviana Birsan, les systèmes de santé atteignent leurs limites. Maladies chroniques en hausse, stress installé, épuisement professionnel banalisé : attendre les symptômes n’est plus tenable, ni humainement, ni économiquement.
La prévention change la donne. Elle permet de repérer un déséquilibre avant qu’il ne devienne une pathologie. Silviana Birsan parle d’une « médecine de la lucidité » : donner aux gens les moyens de comprendre un état réel, souvent invisible. L’exemple donné dans l’entretien est parlant : le cortisol salivaire matinal. Ce marqueur, simple à prélever, révèle l’état du système nerveux au réveil. Un taux élevé signale un stress qui s’installe. Un taux anormalement bas peut indiquer un système déjà épuisé, proche du burnout.
Entre ces deux états, il existe un intervalle. C’est précisément là que le Laboratoire MGD veut intervenir : quand le signal existe encore, avant que la situation ne bascule. Pour un dirigeant ou un cadre soumis à une pression constante, cette information devient stratégique. Elle permet d’agir tôt, avant que cette fatigue ne se transforme en épuisement installé.
Rappel : un marqueur comme le cortisol salivaire donne une indication, jamais un diagnostic. Il ne remplace pas un avis médical.
Le patient devient acteur, pas spectateur
Un chiffre seul n’a jamais aidé personne à agir. C’est le message central de l’entretien. Pendant longtemps, la biologie médicale a produit des données complexes, parfois anxiogènes, réservées à l’interprétation du corps médical.
Au Laboratoire MGD, chaque résultat est pensé comme un point de départ. Il est éclairé par le mode de vie, le niveau de stress, l’environnement professionnel de la personne. L’objectif n’est pas d’empiler les analyses, mais de proposer le bon levier au bon moment.
Pour un cholestérol, une formule sanguine ou des enzymes hépatiques, le modèle classique fonctionne : le prescripteur sait quoi faire du chiffre. Pour les analyses préventives et fonctionnelles, ce n’est plus suffisant. La donnée doit être interprétée, replacée dans un contexte, traduite en recommandations concrètes.
Ce principe s’accompagne d’un réseau : médecins, nutritionnistes, naturopathes, psychologues, sophrologues, coachs sportifs. Face à un profil de stress chronique, le Laboratoire MGD n’envoie pas seulement un rapport. Le laboratoire oriente vers deux ou trois professionnels choisis pour leur expertise réelle sur cette problématique précise. Le patient n’affronte jamais ses résultats seul.
Selon Silviana Birsan, les patients qui suivent ce parcours constatent des améliorations biologiques mesurables en trois à six mois.
La durabilité humaine, un capital à entretenir
Un concept traverse tout l’entretien : la durabilité humaine. L’idée est simple à énoncer, plus exigeante à appliquer : l’énergie, la résilience biologique, ne sont pas des acquis fixes. Elles se préservent, comme une entreprise gère ses actifs pour durer.
Cela suppose un changement de posture. Le Laboratoire MGD ne cherche pas des patients qui viennent seulement parce qu’ils souffrent. L’ambition est d’accompagner des personnes qui veulent comprendre leur corps et agir avant que le problème ne s’impose. Beaucoup accumulent des signaux d’alerte sans les reconnaître, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Un taux de dopamine bas, un déficit en micronutriments essentiels, un profil lipidique qui révèle un état inflammatoire : autant de repères concrets pour reprendre la main sur sa santé, avant que le corps n’impose sa propre échéance.
Sur ce point, Silviana Birsan est directe : sans durabilité humaine, aucune performance ne tient dans la durée.
Des investissements technologiques au service de l’humain
Le Laboratoire MGD a récemment intégré des chaînes analytiques automatisées, capables de traiter jusqu’à mille échantillons par heure sur plus de cent cinquante paramètres. Ce qui demandait auparavant plusieurs opérations manuelles successives, avec leur part de risque d’erreur, passe désormais par un flux robotisé, validé ensuite par l’humain.
Former les praticiens, pour que l’innovation serve réellement
Un outil qu’on ne sait pas utiliser ne sert à personne. C’est la logique derrière l’offre de formation continue développée par le Laboratoire MGD : une trentaine de sessions par an, en présentiel et à distance, centrées sur la prescription et l’interprétation des analyses avancées. Toutes les formations sont archivées et accessibles en replay. Le laboratoire travaille aussi avec des écoles spécialisées, qu’il soutient sur certains cursus.
Un médecin qui ignore l’existence d’un test ne le prescrira jamais. Non par négligence, mais parce que le secteur médical évolue plus vite que les cursus qui le forment. Combler cet écart est, pour le Laboratoire MGD, une manière de rendre son expertise réellement utile.
Une santé qui se pilote
Un laboratoire indépendant, fondé en 1974, qui refuse de s’arrêter au chiffre. Un réseau de professionnels pour ne jamais laisser un patient seul face à ses résultats. Et une conviction qui traverse tout l’entretien : la santé se pilote, elle ne se subit pas.
Les analyses évoquées ne remplacent pas un avis médical.